31 août 2005

Jorge HUMBERTO, le poète de Mindelo



Jorge HUMBERTO et ses musiciens
en CONCERT
au Théâtre équestre ZINGARO
le 8 Octobre 2005
Renseignements et réservations: 01.48.39.52.46


Si la morna est avant tout poésie, Jorge Humberto lui rend le lyrisme épuré des origines, un chant inspiré et des textes imagés puisant dans le quotidien insulaire. Magicien des mots, à la fois instinctif et profond, l’enfant de Mindelo est le créateur d’un style dans lequel la veine poético-musicale s’enrichit de la réflexion philosophique.
“Hymne d’amour, d’illusion et de mélancolie” selon l’expression du poète Fausto Duarte, la morna est la forme musicale de prédilection, mais pas la seule, dans le répertoire de cet artiste qui aime aussi composer des coladeiras aux airs plus rapides et aux contenus ouverts à la vision sociale.

Chanteur doué d’une voix chaude et convaincante,Jorge Humberto est né un 26 décembre 1959 à São Vicente, dans la ville portuaire de Mindelo, centre cosmopolite et capitale culturelle de l’archipel depuis le siècle dernier.

Les débuts de son travail de compositeur datent de 1975, l'année de l'Indépendance.

La fin de la colonisation libère les esprits qui se mobilisent dans tous les domaines de l’art.

Cette effervescence créative se manifeste aussi avec une floraison de groupes qui donnent un nouvel élan à la musique traditionnelle (mornas et coladeiras) ou à la mise en valeur de ses sources africaines (batuque, tabanka... ) ou européennes (mazurka, contredanse... ).

Jorge Humberto suit le mouvement et, en 1982, commence à jouer à la guitare les mornas et coladeiras classiques, avec une prédilection particulière pour l’héritage des anciens poètes comme Eugénio Tavares et B. Leza, assez proches de sa sensibilité de chroniqueur social.

Après avoir subi un accident de travail qui lui fragilise les doigts en lui imposant une manière particulière de jouer la guitare, Jorge Humberto s’installe au Portugal.
Ici, il réalise les trois albums (“Guentà” en 1992, “Moiabo um Consolà” en 1995 et “Portexperimental” en 1998) qui vont lui donner une grande notoriété autant au pays qu’auprès des communautés de la diaspora en Europe et aux Etats-Unis.
Très considérées par les artistes capverdiens, ses compositions sont reprises par des chanteuses de renommée comme Fantcha ou Maria Alice, dont les albums sont distribués en France.

Le troubadour de Mindelo est un cas à part dans le paysage musical du Cap Vert. Si la mélancolie lancinante de ses premières compositions s’est quelque peu nuancée (“Maintenant, j’ai changé au niveau des paroles et de la musique”, dit-il aujourd’hui), la richesse et l’originalité de ses textes avec la profondeur et la spontanéité de son approche à la réalité, en font l’héritier de ces chantres éclairés de la capverdianité, des écrivains et poètes comme Baltasar Lopes ou Jorge Barbosa, qui furent parmi les protagonistes du mouvement littéraire de la "Claridade" pendant les années 30 à Mindelo.

Avec ses observations psychologiques, ses refléxions existentielles et ses métaphores, l’écriture de Jorge Humberto s’apparente davantage à la philosophie qu’à la critique sociale.

La langue créole qu’il manie et qu’il aime “comme la nourriture que je mange”, un créole originaire et profondement enraciné dans l’histoire de son pays, lui permet une exactitude majeure dans l’expression et une plus forte adhérence sonore des paroles à la musique.

Contacté par Morabeza Records, la maison discographique fondée en 1965 à Rotterdam par Djunga d’Biluca et qui joua un rôle essentiel dans la diffusion des ouvrages des artistes insulaires, le poète de Mindelo va enfin saisir l'occasion de s'imposer dans le milieu difficile du show-biz.





Celui qui se veut “Capverdien dans l’Universel” ne manquera pas d'apporter à son public et au public européen, qui découvre il y a une quinzaine d’années la musique du Cap Vert, suite aux premières tournées de Cesaria, une touche d’authenticité pour mieux apprécier les mélodies déchirantes du blues venant de l’Atlantique.

Album IDENTIDADE disponible depuis Janvier 2005 (ref: MR008) MORABEZA Records Distribution Night & Day

REVUE de PRESSE














Histoire de MORABEZA + Biographie de Djunga d' Biluca (Version Française)

1965/2005,
Le retour de MORABEZA RECORDS




* Histoire militante et politique d’un label
* Structures et interactivités
* Projets musicaux

Expression tirée du créole capverdien, douce comme un mot d'amour, la Morabeza symbolise le devoir de bien recevoir. Atmosphère empreinte d'une convivialité sincère, elle résume l'art de l'accueil d'un peuple issu de 500 ans d'un métissage qui lui à laissé en héritage un caractère paisible et une remarquable culture de “ l'ouverture”

Quand Amilcar Cabral, le père de la nation capverdienne, confie à Djunga d’ Biluca la responsabilité du Parti pour l'indépendance de Guinée et Cap-Vert (PAIGC) en Hollande et le Benelux, la plupart des pays africains sont déjà affranchis du joug de la colonisation.

Devant le refus des Portugais qui ne veulent pas reconnaître l'existence du peuple capverdien considéré comme leur création,

Cabral insiste sur l'urgence de la revendication identitaire et associe la bataille culturelle à la lutte politique et militaire. Djunga d’ Biluca suggère à Cabral, son intention de donner une impulsion au développement de la musique capverdienne, l'une des manifestations les plus touchantes et profondes de l'âme insulaire.



En 1954, débarqué à Rotterdam, aux Pays-Bas, Djunga est parmi les premiers à avoir quitté l'archipel pour aller chercher du travail en Hollande. Officier dans la marine, puis entrepreneur et fondateur de la première association Caboverdienne dans le territoire du Benelux.
Digne représentant du PAIGC et de Amilcar Cabral il est présent à l'arrivée de chaque bateau qui amarre dans le froid port de la Mer du Nord, pour accueillir ses compatriotes et accomplir la tâche délicate de choisir ses compatriotes, et achemira tous ceux disponibles pour partir sur le front en Afrique.

En 1965, Djunga averti Cabral et fonde une maison discographique, et à travers celle-ci joue un rôle prépondérant dans l’indépendance du Cap Vert.

La musique vecteur d’un combat identitaire au sein de la communauté émigrée et de la population capverdienne sur les îles, mais aussi vecteur pour la reconnaissance d’un peuple auprès des pays européens et africains.

Elle s'appelle Casa Silva du vrai nom de famille de Djunga, qui est en réalité Joao Silva, et produit les deux premiers “long Play” dans l'histoire de la musique capverdienne, tels "Caboverdeanos na Holanda" et "Os Verdeanos".

Le fameux auteur-compositeur et batteur Frank Cavaquinho lui demande son appui pour former le légendaire groupe Voz de Cabo Verde, qui compte dans ses rangs Bana, Luis Morais, Toy de Bibia, Morgadinho, Jan Dalomba, et plus tard Djosinha et Chico Serra entre autres.

A partir de Rotterdam, la formation évolue en Europe et en Afrique, fait connaître à l'étranger la musique capverdienne et aussi le label qui prend le nom de Morabeza Records.


En 1975, le Cap-Vert et la Guinée Bissau sont indépendants.

En 1977, Djunga d’ Biluca fonde le consulat du Cap-Vert aux Pays-Bas ainsi qu’ au Benelux et en devient le premier Consul jusqu’en 1990.
En 1984, Morabeza Records ralenti l’activité discographique, qui a déjà à son actif une cinquantaine de vinyles.

Douze ans après, l'appel des racines se fait sentir de nouveau. Djunga contacte son neveu Elisio Lopes, qui après avoir été l'un des responsables du PAIGC en France est devenu entrepreneur, et lui propose de reprendre les activités du mythique label.


Celui-ci conscient de la diffuclté de poursuivre l’oeuvre de cette personnalité hors du commun qu’est Djunga d’ Biluca, hésite. Son attachement aux racines et à sa famille de combatants de la première heure le pousse à accepter et soumet à Djunga un projet : associer Morabeza Records à des entreprises culturelles au Cap-Vert afin qu’il y ait une interactivité réelle entre la France et les Iles avec plusieurs directions : artistiques, historiques et culturelles.
En 2002, la version définitive du projet est soumise à l'attention de Djunga d’ Biluca, qui donne son feu vert au nouveau plan de développement de Morabeza Records.



En 2004, après 20 ans de sommeil, Morabeza Records renaît et s’installe à Paris…



*MORABEZA RECORDS : Structures et intéractivités
Peu à peu, une petite holding voit le jour entre le sommet de la colline de Belleville et la magnifique baie de Mindelo, où la dame Cesaria leva pour les premières fois la voix qui allait conquérir le monde entier.
Le projet prend forme au début du troisième millénaire mais son démarrage date de 2003. Les structures principales sont établies dans le XXème arrondissement et à São Vicente.
Capitale culturelle de l'archipel, Mindelo est la terre de poètes romantiques et de migrants avec la sodade dans l'âme.
Le siège social de "Morabeza Records" est situé rue du Télégraphe, équipé d’ un studio de répétitions pour la préparation des futurs concerts.

Les autres structures se trouvent au Cap-Vert, selon la conception d'Elisio Lopes, pour lequel la morna et la coladera et le batuque doivent devenir à moyen-long terme ce que la salsa a été pour Cuba : des vecteurs d'épanouissement culturel susceptibles d'attirer dans les îles des flots de visiteurs qui donneront ainsi une contribution importante à la relance de l'économie locale.
Dans cette perspective, les autorités sont déjà au travail pour la construction de deux nouveaux aéroports à Santiago et à Mindelo, qui vont s'ajouter à celui de Sal.
Finement décoré avec des produits insulaires, le restaurant-cabaret, "Tradisson & Morabeza" est ouvert devant la baie de Mindelo.

Puis, dans “la centrale calle de Lisboa”, la rue principale de Mindelo, le "Café Musique Concert" est racheté en cette même année. Dans la tradition des clubs de jazz, le local est aussi le lieu de formation de nouveaux talents qui iront enregistrer et faire carrière à Paris.


Une société d'images, "Mindelo Film", est également en cours de création pour la production de clips et dvd. Avec cette structure, il y aura aussi une banque d'images sur l'histoire du pays.
Première initiative de "Mindelo Film", une série de reportages sur la lutte pour l'indépendance sera co-produite en accord avec l'Association des Combattants de la Patrie. En 2006, il est prévu la parution d'un premier documentaire réalisé en collaboration avec l'historienne Angela Coutinho.
Parmi ses productions, la collection "Café Musique Mindelo Live" sera constituée de cd, dvd avec l'intention de développer avec Morabeza Records Editions de nouveaux créateurs.
Une Galerie d'Art verra le jour fin 2006, avec un espace réservé aux ventes de disques, dvd, et d'objets de l'artisanat local. Située en dessous de"Tradisson & Morabeza", et décorée dans le même style, la Galerie accueille le visiteur avec un suggestif hommage aux pêcheurs capverdiens.
Dans les objectifs à venir, dès janvier 2006, débutera la constuction de la "Maison de France" qui sera destinée à l'importation de produits venant de l'Hexagone.


* MORABEZA RECORDS : Projets musicaux en deux volets

Un volet réédition: Il y aura la réédition en cd de tous les anciens vinyles du catalogue Morabeza Records.
Le premier, "Sodade", de HUMBERTONA, est disponible depuis le 31 janvier 2005.

Il sera suivi par un album de BONGA: Raizes début 2006

Un volet nouveaux artistes: le label entend développer de nouveaux artistes, choisis en fonction de leurs caractéristiques spécifiques et autour des deux axes de la tradition et de la fusion "jazz-trad".

Jorge HUMBERTO

, poète de grand talent, considéré comme l’un des plus grands de sa génération, est l’artiste-phare dans la “mouvance tradition”. L’album “Identidade” est disponible depuis le 31 janvier 2005.

Suivra Vamar, l'enfant du célèbre compositeur Vasco Martins.

Jeune de la nouvelle génération avec un répertoire de fusion "jazz-trad", il sera lechef de file de cette tendance.

Voilà que le miracle Capverdien, petit exemple de réussite dans un continent Africain ravagé par les guerres et la mauvaise gouvernance, va s'enrichir d'une nouvelle expérience qui lui apportera autant de bénéfices sur les plans culturels qu’économiques...

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FONDATEUR du LABEL MORABEZA RECORDS
DJUNGA D’BILUCA (JOÃO SILVA)

Né à São Vicente en 1929, il émigre à Dakar en 1948 où il intègre la marine marchande Grecque puis Hollandaise comme officier. En 1958, s’établit en Hollande où il travaillera chez Philips puis fondera sa propre entreprise (1962-1975).

Coordinateur du Parti Africain Pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert en 1964, sera son unique représentant en Hollande, en 1972. Directeur du bulletin Nos Vida, Fondateur de la 1ère association Capverdienne en Hollande.
Consul du Cap-Vert sur le territoire du Benelux de 1977 à 1990. Décoré de l’Ordre Amilcar Cabral le 5 Juillet 2003 au Cap-Vert et de Chevalier de l’Ordre de l’ Orange Nassau le 24 Avril 2004 en Hollande.
Sa passion pour la Morna s’inscrit profondément dans son engagement politique et social, avec la complicité d’Amilcar Cabral à l’affirmation de notre culture dans la lutte de Libération National.
Morabeza Records va jouer un rôle prépondérant, notamment en produisant l’album avec le PAIGC, (Protestation et Lutte), et les nombreuses Mornas et Coladeiras stimulant ainsi la Résistance Culturelle.

Pionnière dans la Divulgation de la musique Capverdienne dans le monde, Morabeza Records a ouvert le chemin du succès d’aujourd’hui.

Les plus grands artistes des années 60 tels que le fameux groupe « Voz de Cabo Verde » avec Bana, Frank Cavaquinho, Luis Morais, morgadinho, Toy de Bibia, Djosinha, João d’Alomba puis Chico Serra, les artistes comme Humbertona, Tazinho, Mario Pop, Piuna, Valdemar Lopes Da Silva, Jonspadinha, Lusophones comme Bonga, Marcelo, Fernando- Falcao, ainsi que la diva aux pieds nus, Cesaria Evora qui a enregistré sa première chanson à Morabeza Records, vont constituer un patrimoine historique culturel des Iles du Cap-Vert d’une soixantaine d’albums, dont Morabeza Records aujourd’hui installée à Paris va rééditer dans une collection appelée :

« LE CAP-VERT DES ANNEES 60 »

dont Sodade est le premier numéro.

« … C’est pour l’amour de notre terre et la souffrance de notre peuple que nous avons pris part corps et âmes à la lutte et à la conquête de l’indépendance nationale. Cette modeste contribution pour l’affirmation de l’identité nationale à la divulgation de la culture capverdienne

pour sa valeur morale élevée, est pour nous gratifiante. Morabeza Records, une entreprise du peuple pour le peuple.»

(Djunga d’Biluca – 05/07/2003)